Projet global qui mêle espace, objet et consommables. Chaque élément est pensé comme une réponse à des usages oubliés, dégradés ou mal traités, avec une logique de forme, d'attention et d'usage.
Vue d'ensemble.
Ce qui manque
Avant de dessiner quoi que ce soit, on regarde ce qui se passe mal ou ce qui ne se passe plus. Les objets qui glissent, les espaces qui se saturent sans qu'on sache pourquoi, les consommables qu'on remplace sans y penser. Ces failles ne sont pas spectaculaires, mais elles pèsent dans le quotidien.
Le parti pris est simple : on part de ces petits manques et on les traite un par un, sans chercher à résoudre plus large d'un coup.
La méthode est lente, volontairement. On laisse un objet vivre quelques semaines, on observe comment il se comporte, on ajuste.
Trois manques observés — un objet qui glisse, un espace saturé, un consommable négligé.
Espace
Travail sur le lieu : circulation, lumière, matières, usages simultanés. L'espace n'est pas un décor — c'est la première forme d'accueil. Ce qu'on y pose, ce qu'on y retire, ce qu'on y laisse dicte comment les gens s'y tiennent.
Le parti pris est d'enlever ce qui fatigue et de garder ce qui rend l'attention disponible. Les volumes, les hauteurs, les appuis sont pensés pour qu'un geste banal — poser un sac, s'asseoir, chercher une prise — trouve sa place sans friction.
La lumière est traitée comme un matériau à part : directe quand il faut travailler, douce quand il faut se poser, jamais agressive. Les matières répondent aux gestes : bois pour la chaleur, métal pour la tenue, tissu pour l'absorption.
Aménagement — volumes, lumière, matières.
Objet
Chaque objet répond à un geste précis, souvent banal, souvent négligé. On part de l'usage réel — saisir, poser, ranger, montrer — pour ajuster la forme. Les matériaux sont choisis pour leur justesse, pas pour leur effet.
Le dessin reste sobre : une silhouette stable, des finitions propres, un poids qui se tient bien en main. Rien ne cherche à impressionner, tout cherche à servir longtemps.
On privilégie les assemblages démontables, les matériaux réparables, les finitions qui vieillissent bien.
Silhouette, finition, atelier.
Consommables
Les consommables sont la part la plus invisible et souvent la plus maltraitée. On s'y attarde : qualité du papier, du grammage, du pliage, du support tactile. Ce sont les éléments qui disparaissent dans l'usage — raison de plus pour qu'ils soient bien faits.
Le soin porté aux consommables vaut signal : quand ce qui est jetable est bien fait, ce qui reste l'est davantage encore.
Les séries sont courtes, renouvelables, pensées pour les rythmes réels d'utilisation.
Série courante, papier, pièces à main.
Liens
Espace, objet, consommable ne sont pas trois projets parallèles. L'espace détermine où les objets se posent. Les objets conditionnent les consommables qui circulent. Les consommables, par leur qualité, rétroagissent sur la perception de l'espace.
Ce triangle se lit aussi dans l'autre sens : un consommable raté salit l'objet qui salit le lieu. On traite donc les trois échelles avec la même attention, sans hiérarchiser.
Les trois échelles en regard — espace, objet, consommable.
Suite
Le projet continue en production. Les éléments se répondent les uns aux autres plus que chacun ne brille seul.